Vierge (2000)

marco prince Cinquième et dernier album d'un groupe pourtant promis à une carrière plus éclatante. "Vierge" en 2000 sonnait le glas de l'un de nos meilleurs représentants du courant funk-rock hexagonal. Rien ne va plus en ce début de nouveau siècle/millénaire. FFF rompt avec Sony, celui-ci reprochant au premier de ne pas assez vendre, du moins pas autant que les pointures internationales qu'elle signe aussi. A la recherche d'un nouveau label, FFF signe chez V2, la boite fondée par le patron de Virgin. Dix ans après le début de leur carrière, la Fédération française de Funk remet tout à plat et tente de prendre une nouvelle direction. Le clavier est parti joué ailleurs (chez les Rita plus exactement...). Le groupe continue pourtant à jouer live notamment en Asie, et le succès rencontré par successivement les albums FFF en 1996 et le live Vivants en 1997 permet de garder la flamme du combo (presque) intacte. Avec cet album, treize titres nous sont proposés pour une durée d'à peu près une heure.

Ouverture de l'opus avec "Alice" sur un groove pas très rock, un funk blanc pas très puissant. Le titre est agréable mais sans plus et on espère pour la suite. "Le Yaourt" plutôt dance sur un rythme un peu plus durci mais toujours sans l'agressivité et le côté rock qui animait les précédents opus du groupe. La première partie de la chanson est composée de paroles très ciblées "J'aime le yaourt sur la bouche des filles, je suis un garçon facile, j'aime le yaourt sur la bouche des filles, je ne suis pas difficile". La tendance est donnée, chaud bouillant dans les écrits mais une musique plus formatée et moins rageuse qu'à l'accoutumée. Première ballade pop matinée d'influences soul avec "Mauvais Fils", grave et profond, puis un brulôt/délire punkoïde sur "I Want You" où FFF semble se vider d'une certaine rage contenue sur moins de deux minutes.

On ne retrouvera d'ailleurs rien de similaire dans le reste de l'album. "On Avance" continue sur la vague pop/funk de cocktail autour de la piscine, auréolée de vagues de violons glamour façon pub Heineken. Les titres suivants auront tout de même la couleur funk attendue, "Come On" sautillant sur une rythmique invitant à brûler le dance-floor, "Fame" une reprise de David Bowie, "Tout Est Mou" et sa décalcomanie "God Bless The Family". Les chansons sont lentes, et il n'y a plus ces attaques de guitare rock qui faisait une bonne partie du charme de FFF qui avait réussi à combiner le groove et la puissance. Reste un funk de boite de nuit, propre sur lui et bien coiffé. Très belle chanson, ballade rock inspirée et bonne surprise du disque, "Mon Désordre" sur un chant façon Prince et les choeurs qui vont avec. FFF surprend dans ce registre qu'on ne lui connaissait pas et dans lequel, du coup, ils excellent. Retour au funk blanc et satiné pour "Je Déteste Le Dimanche" insistant sur des arrangements electro, puis ambiance chaude sur "On Le Fait" et "7 Fois Dans Ma Bouche" au bout duquel on trouvera un bonus caché, dans la même ambiance. Un disque un peu trop calme, un peu lisse et distant.

La flamme présente sur des anciennes chansons comme "Silver Groover" ou Free for fever est éteinte. Il nous reste une poignée d'albums, quelques souvenirs de concerts chauds et humides....


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