Free For Fever (1993)
Voici le deuxième cd de notre groupe funk rock hexagonal FFF.
Après un premier album convaincant, le quintette revenait avec un disque bourré ras le goulot d'un funk tirant parfois (souvent !!) vers le métal le plus chaud.
17 titres hurlant et groovy où les influences reggae et africaines se font encore sentir.
Le disque a été enregistré en Angleterre, la majorité des compositions ayant été écrites dans la langue de Shakespeare.
Cet album obtiendra une récompense, le Bus d'Acier 1993.
"Stone To The Bone" sort d'entrée l'attirail du bon funk rocker: cuivres, guitare ciselée, groove chaud sorti du four et arrondi les angles d'un funk rageur sur six minutes essentielles.
Les claviers prennent la suite sur "Des illusions" puis treize secondes de "Mouche à miel" suffisent à faire la pause.
Plus rock que funk, limite métal, "Silver Groover" un des étendards de FFF largement brandi en concert. Groove lourd sur "La Camisole (Drugs)" avec un discours anti-drogue soutenu par une guitare imposante. Festivités funk sur "Positive" puis un intermède aux percussions electro-africaines "Wreye Sem". "Wiseman" colle les doigts dans la prise puis "R U Real" secoue un gros heavy-métal particulièrement puissant. On ne s'ennuie pas un instant avec ces alternances prodigieuses de climats.
Adoucisseur de tympans "Tout Semble Flou" nage dans des percussions liquides et effeuille la marguerite, en français cette fois-ci.
Reggae en forme d'éloge à la lenteur "Shot'im Down" où The Specials se réveille d'entre ses cases noires et blanches (clin d'oeil aux connaisseurs…). Torride et arrangé richement, le funk rock huilé de "Leave Me Alone" réveille le noir qui est en nous.
« Je suis noir d'être fier » clamait Marco Prince dans une autre chanson.
Courte pause, "Où tu vas y aller" puis l'électro-funk de "King Of Party" arrive, bardé de guitares claires, de cuivres rutilants, de basse groove et heurtée et de chœurs festifs.
Retour au funk chaud avec le titre éponyme "Free for fever" qui n'oublie pas de prendre des accents métals sur les refrains.
"Emotion" comme une musique de film et "Back To The Bone" qui implose et retourne à l'apesanteur première, abandonnent ce très bon album de leurs dernières plages.
Un album complet et une expression du funk rock complètement aboutie.
FFF donne ses lettres de feu au style en rivalisant avec les meilleures formations anglo-saxonnes.
De quoi imprimer votre mémoire auditive pour quelques temps.