FFF (1996)

marco prince Troisième album de la formation tricolore de funk rock, "FFF" album éponyme sort en 1996. Après l'énorme brûlot funk Free for fever en 1993 et un an seulement avant le live Vivants capté aux Eurockéennes de Belfort, le groupe emmené par le charismatique chanteur Marco Prince décidait de marquer le pas et de revenir au français dans les textes de ses morceaux. Ainsi, seulement trois titres sur douze seront interprétés en anglais.

Une bonne moitié de ce disque se retrouvera joué puissamment en live sur l'opus en public suivant. FFF n'avait pas encore fait d'incursion dans la pop qui sera une des expressions de Vierge, dernier album en date en 2000 et c'est du funk bien groove qui fait déhancher cette galette.
Démarrage puissant avec le très bon funk/électro "On ne badine pas avec la mort". Claviers diserts et obstinés, batterie en flamme, le ton chaud est donné.
"Barbès" sonnera plus métal et Yarol Poupaud aligne des riffs en l'honneur du quartier le plus célèbre du 18ème arrondissement. Final sur un muezzin improbable qui glisse lentement vers "Mauvais garçon".
Chanson de voyou avec un gimmick de synthé tournoyant, ce titre est suivi de "Le pire et le meilleur", qui accélère le mouvement. La guitare de Yarol Poupaud est brûlante de funk et le meilleur reste à venir: "Morphée", lent mais torride, avec une partie rapide incluse qui laisse voir l'ossature d'une rythmique de folie orchestrée par le couple Nicolas/Krichou. Superbe morceau qui se laissera dynamiter en live.
Premier titre en anglais "Act Up" sur un funk de cocktail bleu piscine et "Le muscle magique" avec un riff de guitare soft pour une chanson aérée comme une dentelle de Genève. Retour au chaud avec le moite "Niggalize it" à nouveau dans la langue de Shakespeare, guitare incisive et chant black ironique, avant de calmer le jeu sur "Un jour", épurée à l'extrême. "Laisser aller" droit comme une ligne de coke et le dernier titre anglais "Knock you down" frappé à l'envers sans grosse caisse. Le bonus qui démarre après une minute de silence "Des cendres", prend des couleurs rouge sexe avec un texte à la Gainsbourg dans l'enceinte de droite, et un tassement guitare/percussions dans l'enceinte de gauche. La voix de Marco Prince est un murmure classé X qui donne le frisson avant le silence complet amené par la fin définitive de l'album.
FFF garde ses galons de pape du funk bleu/blanc/rouge avec cet album chaud et vivant. Savante alchimie de moments forts et doux, comme un chocolat qui ménagerait la douceur et la force. Pour couronner le tout et faire durer le plaisir, la moitié du disque sera explosé en concert sur l'album suivant Vivants.


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