Blast Culture (1991)

marco prince "Blast culture" est le premier effort de FFF, en 1991.
Quelques brulôts suintant le groove électrique parcourent cet album de presque une heure à travers l'exploration de 13 morceaux, dont une géniale reprise de Gainsbourg "Requiem pour un con" sur laquelle nous reviendrons en temps utile.
FFF fut l'un des instigateurs (et il n'y en a pas énormément) de la scène funk-rock française.
Une petite poignée d'albums (5) pour un peu plus de dix ans d'existence, le groupe n'a rien sorti de neuf depuis 2000 avec l'opus Vierge. Cette première fusillade marque déjà les esprits avec des titres forts et fait déjà montre d'une maitrise impressionnante du style. Les amateurs de rock qui groove peuvent déjà se ruer sur cet opus qui couvre une bonne partie des possibilités du FFF.

Morceau d'ouverture puissant, "New funk generation" se pose en introduction à travers un message d'adhésion, à l'univers de la Fédération en proclamant haut et fort qu'il n'y a pas mieux que le groove et le funk, sur une partoche de guitare enflammée et des clameurs en forme d'étincelles d'un Marco Prince sous pression. Direct, efficace et sans bavure.

Plus nuancé avec de nettes influences "Sly and the family stone" ou bien même "Brownienne", "Marco" chaloupe et balance pour mieux vous conquérir. Du groove épais chaud et suant, qui permet au chanteur qui a donné son prénom à ce titre de rugir comme savait si bien le faire le "God of soul". Plus rock "Devil in me" avec de belles attaques de guitares puis "Tout pour le kiff" à la rythmique basse/batterie liquide et profonde. Un reggae nerveux et bien amené pour "La complainte du plombier" et une chanson en créole "Maman krie" (prononcé maman Kouiyé) puis un hit dance-floor "Doctor love" ciblé radio.

Tout l'album est parsemé de plages de cuivres et d'interventions de saxophone qui donnent à l'ensemble une couleur chaude et rutilante. Deux détonations funk-rock qui permet à FFF de se rapprocher de leurs lointains cousins américains Grand Funk Railroad en envoyant des déflagrations puissantes, "Ac2n (acid rain)" et "Mama fonck", indissociables et nerveux.
Plus linéaire et en retrait au niveau tempo "Santa Claus" puis la superbe reprise "Requiem pour un con" qui groove de la mort et que n'aurait pas renié le père Serge.
Impressionnant et grandiose. N'oubliez pas de faire péter le jeu de jambes. "Kamarad" tiré sur une corde métallique brûlante délaye un funk rapide et disert. Les choeurs agitent la main dans un "au revoir" qui s'éternisera sur "Trash a muffin" court et avec un bizarre final à l'envers.
Un disque de début mais pas de débutant. FFF impose un style rare en France en se mesurant à des groupes anglo-saxons parfois d'une autre époque. Leur funk est chaud et sue le rock par tout ses pores. Beau premier exercice et félicitations du jury.


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